Indice Entrepreneurial picPar Gabriel Chirita, chercheur et coordonnateur à l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale | HEC Montréal

Bien que l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale – HEC Montréal vienne d’être créé, il s’est déjà associé à un partenaire de taille : la Fondation de l’entrepreneurship. Ensemble, les deux institutions ont réalisé cette année l’enquête sur l’Indice Entrepreneurial Québécois.

 

Depuis 2009, et en collaboration avec Léger, la Fondation d’entrepreneurship réalise l’un des plus importants sondages sur l’entrepreneuriat au Québec : l’IEQ (Indice entrepreneurial québécois). Présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec depuis cinq ans, l’IEQ constitue une référence et une source fiable d’information. L’IEQ est un produit innovant qui utilise l’individu plutôt que l’entreprise comme unité principale de mesure. De plus, sa particularité réside dans une démarche privilégiant l’étude de l’ENSEMBLE de la population québécoise plutôt que l’observation d’entrepreneurs provenant de regroupements ou d’organisations spécifiques.

 

L’IEQ fournit et diffuse des informations nécessaires aux professionnels du développement économique du Québec, aux milieux d’affaires et scolaires ainsi qu’aux médias, pour leur permettre de mieux comprendre la situation de l’entrepreneuriat au Québec en comparaison à celle du reste du Canada (RDC).

D’année en année, l’IEQ présente de nouvelles facettes spécifiques à l’entrepreneuriat en plus des indicateurs de base.

Ainsi, pour 2014, la FDE s’est penchée sur le dynamisme entrepreneurial des jeunes Québécois (de 18 à 34 ans). Pour ce faire, une comparaison avec les Québécois de 35 et plus ainsi qu’avec les jeunes du reste du Canada (dans la plupart des cas) a été privilégiée.

En effet, l’IEQ 2013 avait souligné un dynamisme entrepreneurial accru chez les 18-34 ans au Québec pour ce qui est des intentions d’entreprendre, sans toutefois pouvoir déterminer le réel potentiel de passage à l’action dans les années à venir. C’est donc autour de cette découverte que s’est notamment articulé le présent rapport intitulé « Qu’est-ce qui motive nos jeunes à faire le grand saut? ». Quelles sont les chances que ce potentiel important pour la prospérité du Québec puisse se traduire en démarches réelles menant à la création ou à la reprise effective d’entreprise? Quelles sont les ambitions de croissance que nos jeunes nourrissent? Veulent-ils s’engager seuls dans l’aventure ou en partager les risques? Envisagent-ils d’autres options que la création d’entreprises (tels que le rachat ou la relève)? Veulent-ils créer leur entreprise dans leurs régions? Voilà ce que propose notamment d’explorer l’IEQ 2014.

Le rapport propose également des indicateurs de type « psychométriques » permettant d’étudier certaines facettes des jeunes qui souhaitent entreprendre : la propension au risque, les normes sociales perçues, leur personnalité, le sentiment d’efficacité personnelle, les barrières rencontrées et le soutien perçu, etc. Ces indicateurs sont d’autant plus intéressants qu’ils permettent de dresser un portrait-robot plus étoffé des jeunes Québécois et donc de mieux analyser si leur intention d’entreprendre est soutenue par des attitudes, comportements et perceptions favorisant un réel passage à l’action.

Entre « vouloir » et « faire », il semblerait que l’écart ne soit pas si énorme que cela pour les jeunes Québécois. En effet, les données 2014 de l’IEQ font état de l’intérêt de nos jeunes pour l’entrepreneuriat, leur propension au risque, une confiance en soi et une volonté de croître qui sont des signes encourageants pour l’avenir entrepreneurial du Québec. Contrairement aux idées reçues selon lesquelles les jeunes ne seraient pas les personnes les plus susceptibles de se lancer en affaires étant donné leur manque d’expérience et de moyens financiers, force est de constater qu’ils sont relativement nombreux à envisager cette possibilité, et qu’il est réaliste d’espérer que c’est également en grand nombre qu’ils feront le « grand saut ».