Charles Auger 2Charles Auger, associé et vice-président des opérations de Chocolats Favoris, est venu partager son vécu d’entrepreneur à la cohorte 2016 de l’Accélérateur. Voici son parcours!

Pendant ses études à HEC Montréal, Charles Auger a vite compris l’importance d’acquérir de l’expérience et des contacts dans le monde des affaires. «Alors que mes amis se faisaient beaucoup plus d’argent que moi en travaillant comme serveur ou barman, j’analysais des bilans financiers et je développais mon réseau.» Cette expérience allait lui servir grandement plus tard dans sa carrière.

Bien qu’il en ait retiré beaucoup, Charles comprit cependant vite compris que l’analyse d’états financiers n’était pas ce qu’il voulait faire et partit à la recherche d’un projet entrepreneurial.  «J’ai mis à peu près toute la ville de Québec au courant que je cherchais un projet. Lorsque tu veux partir en affaires, il faut que tu t’assumes.» Il apprit ainsi que le Cinéma Imax à Québec était en faillite et cherchait donc un repreneur.

Charles élabora un plan pour redresser le commerce, mais il eut besoin de financement. Beaucoup de financement. Lors d’une rencontre avec un important investisseur potentiel, il fit l’erreur de commencer sa présentation par «je pense que…». Le jeune homme se fit tout de suite dire que s’il ne faisait que penser, il pouvait aussi bien se taire et sortir sur le champ. Cette leçon resta avec lui depuis ce jour. «Tu peux douter sur plein de choses, mais tu dois savoir où tu t’en vas au plan macro ou bien laisser ta place à quelqu’un d’autre. Tu as le droit de te tromper, mais tu dois prendre une décision et l’assumer.»

Étant bien préparé, Charles se ressaisit, obtint le financement et remit le cinéma sur les rails. Il en fit même la salle de cinéma la plus performante au Canada, toutes salles confondues. Comment s’y est-il pris? En allant sur le terrain et en suscitant le feedback de ses employés. «On prend trop de décisions dans nos gros bureaux en pensant que c’est logique; pourtant, ce ne sont pas nous qui faisons le popcorn. Je peux donc vous dire que du popcorn, j’en ai fait!»  Charles alla même jusqu’à compter le nombre de pas que ça lui prenait pour marcher du comptoir jusqu’à la machine à popcorn. «Huit pas de trop pendant un trajet, c’est 8 millions de pas par mois, ce qui équivaut à 8 millions de secondes : du temps pendant lequel le client n’est pas servi et risque donc de changer d’avis.» Pour appuyer ses propos, Charles nous fit d’ailleurs la démonstration que couper les coûts de 5% était souvent une stratégie plus viable que d’augmenter ses revenus de 45%.

Après 10 ans à la tête du cinéma, Charles voulait toutefois un nouveau défi. C’est alors qu’il s’associa avec Dominique Brown en 2013, qui venait de faire l’acquisition de Chocolats Favoris. Fondée en 1979, à Lauzon (maintenant Lévis) en tant que chocolaterie artisanale, Chocolats Favoris se spécialisait à l’origine dans la fabrication de chocolats pour la période de Pâques. Avec les années, l’entreprise a développé son savoir-faire pour devenir un maître-chocolatier leader dans son domaine et par le fait-même, un des commerces les plus courus de Lévis, attirant des gens de toute la région et ouvrant deux nouvelles succursales dans la région de Québec.

C’est toutefois avec la nouvelle équipe de direction que Chocolats Favoris a connu une ascension fulgurante, ouvrant près d’une vingtaine de nouvelles boutiques aux quatre coins du Québec et passant de 60 à 1 100 employés! Chocolats Favoris vise cependant encore plus haut. Deux nouvelles succursales ont été ouvertes à Orléans (Ontario) et à Victoria (Colombie Britannique) pendant l’été 2016 et l’entreprise vise le marché international pour 2017! «Nous avons annoncé publiquement notre intention de partir à la conquête de l’international l’année prochaine; nous n’avons donc plus le choix de le faire!»

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Une boutique type de Chocolats Favoris

Misant sur l’expérience client, Chocolats Favoris se démarque non seulement par la qualité de ses produits, mais également par l’aspect moderne et distingué de ses boutiques, de même que par un marketing fort créatif et ce, souvent sans y investir des sommes colossales. «Notre focus group, c’est Facebook», rigole Charles. En effet, l’entreprise possède plus de 173 000 likes sur sa page Facebook et fait souvent appel au feedback de ses clients, notamment pour développer de nouvelles saveurs de crème glacée. Chocolats Favoris a également développé sa propre application, ChocoFan, qui permet d’accumuler des points de fidélité par l’entremise de différents défis ludiques et de recevoir des récompenses à chaque seuil atteint.

Quels conseils Charles peut-il donner aux jeunes entrepreneurs? En voici cinq!

  • Profitez de votre jeunesse, avec laquelle vient une certaine naïveté qui permet de déplacer des montagnes. «Plus on me dit que mon idée ne fonctionnera pas, plus ça me motive!» Elon Musk ne connaissait rien aux voitures avant de fonder Tesla et pourtant, il est en train de révolutionner l’industrie automobile. Il a en effet accompli en quelques années ce que les plus grands constructeurs de ce monde n’étaient pas capables de faire en plusieurs décennies. Quand vous êtes jeunes, vous avez également moins à perdre; cette perception du risque ne fera qu’augmenter en vieillissant.
  • «N’essayez pas de faire mieux que vos compétiteurs; le client lui-même se chargera de faire cette distinction. Essayez plutôt de faire différemment.» Alors que quasiment tous les producteurs de chocolats avaient du brun dans leur logo, Chocolats Favoris a plutôt opté pour le rouge!
  • «Ne soyez pas cheap avec votre staff; c’est eux qui vont vous faire gagner la coupe!» Pour être un chef de file, il faut recruter les meilleurs éléments et donc les rémunérer en conséquence. Entourez-vous donc de gens qui sont meilleurs que vous, mais ne prenez pas un associé si vous n’en avez pas besoin.
  • Sachez où vous vous en allez. Qui sera votre client dans cinq ans? «Si ce n’était que de moi, il y aurait des cours de sociologie, de psychologie et de philosophie obligatoires dans toutes les écoles de gestion!»
  • Et finalement, n’oubliez jamais «qu’être en business, c’est d’être le meilleur vendeur du monde!»
Charles Auger

Charles Auger, entouré par les entrepreneurs de la cohorte 2016 de l’Accélérateur BNC-HEC Montréal