Par: Louis G. Langelier et Jean-Philippe Michaud
3 novembre 2016

« Lorsque l’on considère procéder à des acquisitions pour accélérer sa croissance, il faut regarder très loin », c’est ce qu’a déclaré Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque National en ouverture du 10e colloque annuel présenté l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale – HEC Montréal. La croissance par acquisition, thème mis de l’avant lors de l’évènement du 3 novembre dernier, a rassemblé plusieurs entrepreneurs et dirigeants d’entreprises. Ces gens d’affaires ont voulu s’arrêter le temps d’un avant-midi pour écouter leurs pairs qui véhiculent tous le même objectif; la création de valeur.

Pourquoi la croissance par acquisition?

Dans un contexte économique peu dynamique et un environnement compétitif qui s’intensifie, il apparait tout à fait logique de considérer l’acquisition de d’autres sociétés comme moyen de croître. Outre ces facteurs macroéconomiques, les raisons suivantes ont été soulignées par les dirigeants d’entreprises présents: être opportuniste et saisir les opportunités qui se présentent à nous, offrir une croissance du capital aux actionnaires, élargir la couverture géographique, diversifier les activités et finalement, vouloir être perçue davantage comme un prédateur avec une masse critique plutôt qu’une proie.

Pour Richard Speer, président du Groupe Attraction, la chasse aux acquisitions est une excellente occasion d’aller chercher des talents. Sans diluer sa propre culture, il préconise de « se nourrir » des meilleures pratiques d’affaires et d’idées innovantes développées par les employés d’une entreprise acquise.

Pour Robert Coallier, président et chef de la direction d’Agropur, la volonté d’assurer la pérennité de l’organisation et la mission d’être un fournisseur de choix en offrant un vaste réseau de distribution à ses 3,367 producteurs laitiers membres, est au coeur de la stratégie de fusion et acquisitions.

Outre les chiffres

Les entrepreneurs et dirigeants devenus aguerris en fusions et acquisitions ont martelé à l’auditoire : « C’est trop facile de se fier uniquement aux chiffres dans le fichier Excel! » À cet égard, il incombe à l’équipe de direction de ne pas seulement être opportuniste lorsque les chiffres sont attrayants, mais aussi d’avoir un plan et une approche plus holistique pour faire des acquisitions. Voici des points de considérations importants qui ont été soulevés:

• Qualifier et analyser les « intangibles » soit la culture, les valeurs et la réputation de la cible;

• Tenter de retenir les fondateurs de l’entreprise acquise suite à la transaction. Cela créera plus de valeur dans le futur;

• Avoir plusieurs « lignes à l’eau » lors des recherches et constamment « semer » pour l’avenir;

• Prioriser la qualité de la relation avec l’autre partie. Selon Norman Hebert Jr, président et chef de la direction de Groupe Park Avenue, c’est souvent la pierre angulaire du processus d’achat ou de vente d’une entreprise.

Suite à l’entente

Une fois que les parties se sont entendues sur les montants de la transaction, la vérification diligente débutera. Selon Marie-Christine Piedboeuf, présidente chez Pelican International, la meilleure expertise pour vérifier la véracité des chiffres se trouve au coeur même de notre entreprise : « Nos gens des opérations et de la R&D sont des spécialistes. Nous devons les envoyer sur place lors de la vérification, c’est eux qui verront s’il y a des anomalies. »

La vérification diligente n’est pas la dernière étape d’une fusion ou acquisition. Le plus important reste à venir, soit l’intégration. Michel Thivierge, VP ressources humaines chez Lemay, préconise l’élaboration d’un plan d’intégration et considère la communication l’élément central d’une intégration réussie. « Les gens ont des perspectives différentes sur un même sujet, dit-il. Nous devons être ouverts d’esprit et créer un environnement qui facilitera l’émergence de ces idées nouvelles. C’est ce qui amène l’innovation. » Selon ce dernier, si votre taux de roulement augmente suite à une acquisition, c’est un bon signe que votre intégration ne s’est pas bien passée!

Par:
Louis G. Langelier et Jean-Philippe Michaud

Futurs repreneurs, Louis G. Langelier et Jean-Philippe Michaud forment un partenariat depuis leurs études au MBA intensif à HEC Montréal. L’objectif au coeur de la démarche du duo consiste à reprendre le flambeau une PME établie, poursuivre sa croissance et assurer sa pérennité. En raison de leurs antécédents professionnels, d’un partage de valeurs et d’aspirations communes, ils ont convenu d’unir leurs forces pour mener leur projet de reprise au succès. Ils sont passionnés de stratégie d’affaires, de gestion, d’innovation et de relations humaines. Pour en savoir plus sur ces jeunes entrepreneurs: https://glmi-inc.com/

Pour l’événement en photos: Flickr

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