Le Pôle a la chance d’accueillir d’extraordinaires entrepreneurs dans ses programmes (PeRM, entrePrism, Accélérateur). Nous vous proposons d’apprendre à les connaître à travers quelques questions décalées.

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Benjamin Chalier est le cofondateur de Ben&Alex, une entreprise qui cuisine et livre des repas gourmets aux employés des entreprises technologiques montréalaises. À travers une commande personnalisée par SMS, Messenger ou Slack le jour même, l’employé reçoit une boîte personnalisée et payée par son entreprise.

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Ta startup en 2 mots

Je dirai Lunch personnalisé. On essaye d’individualiser le choix de lunch, de le personnaliser, surtout aujourd’hui avec toutes les restrictions alimentaires et les allergies qu’on connaît. À moyen long terme, on aimerait le personnaliser jusqu’à l’ingrédient et la transformation des aliments.

 

Quel endroit rêves-tu de découvrir ?

L’Australie, non, la Nouvelle-Zélande. En fait, je ferais l’Australie et la Nouvelle-Zélande en même temps. J’ai plein d’amis qui y sont allés et ça a l’air super intéressant. J’aime bien tout ce qui est surf et autres sports nautiques donc j’aimerais y aller pour découvrir la vraie facette de l’Australie. Quant à la Nouvelle-Zélande, c’est quand même un des plus beaux pays au monde de ce qu’on m’en a dit. J’irais donc en Nouvelle-Zélande avec un grand road trip d’est en ouest et après l’Australie.

 

Si tu pouvais avoir un pouvoir, ça serait lequel ?

Un pouvoir, ça serait de ne pas dormir (rires). De pouvoir être 100 % là, de ne pas avoir besoin de dormir. En fait, je me demande jusqu’où on va aller. On est toujours en train de vouloir réduire le temps que toutes les actions prennent alors est-ce qu’à un moment donné, on va réduit le temps de sommeil ? Est-ce qu’on aura quelque chose, une pilule par exemple, qui nous permettra de ne plus dormir? La valeur la plus importante pour un être humain, c’est potentiellement le temps, car il est limité. Donc si tu es capable d’avoir vraiment 24 h dans une journée, sans en consacrer au sommeil, tu as plus de temps pour faire ce que tu veux, que ce soit le travail ou avoir du vrai temps pour toi. Moi, si je ne dors pas 8 h par nuit, je suis zéro productif, je ne peux pas travailler alors que 4-6h suffisent pour d’autres.

 

Si tu n’étais pas venu à HEC Montréal, qu’aurais-tu fait comme métier ?

Ça va faire un peu cliché vu que je suis dans la bouffe, mais ma sœur fait une école hôtelière et je voulais en faire une aussi. Je ne sais pas dans quoi je me serais spécialisé, mais j’aurais eu certainement l’envie d’ouvrir un établissement avec elle. Mais dans tous les cas, j’adore cuisiner chez moi. Ma sœur m’a transmis cette passion.

 

Quelle est ta plus belle expérience ?

Je n’en ai pas qu’une seule, mais plusieurs ! Je pense que j’ai un peu mis terme à ma carrière de hockeyeur à 18 ans. Quand je suis venu au Canada, dans ma tête, je voulais encore jouer à un niveau compétitif, mais je me suis rapidement rendu compte qu’il fallait que je choisisse. En réalité, je savais que je venais pour les études. L’année d’avant, on a fini en finale des championnats de France avec une équipe que je ne connaissais que depuis un an. En un an, on a réussi à se rendre en finale et c’était une très belle expérience. Au-delà de la finale, c’est le processus qui était dingue. Le fait de rentrer dans cette équipe, de s’entraîner tous les matins, etc., et arriver à ce niveau-là en fin d’année, c’était super cool.

 

Et ta plus grande fierté ?

Fondamentalement, je dirais mes parents. Mes parents sont originaires du centre de la France, là où est toute la famille. Déjà, jeunes, ils ont pris ce goût de sortir du petit carré de sable. Ils sont partis à Grenoble et pendant 10 ans, ils ont tout fait pour pouvoir acheter leur propre pharmacie. Ils sont maintenant propriétaires d’une pharmacie et je pense que je tiens d’eux pour cette volonté, pas seulement d’entreprendre, mais de voir au-delà de ce qu’on m’a donné. Ne pas me contenter de ce qu’on m’a donné.


Quelle est ta motivation pour te lever tous les matins ?

C’est notre mission d’entreprise. Parfois, ça choque un peu certaines personnes que je rencontre quand je leur dis que j’ai 22 ans et que je n’ai jamais travaillé pour une entreprise et je n’aimerais pas travailler dans une entreprise dans le sens classique avec un boss et une structure rigide. Chez Ben&Alex, on veut une autre culture et c’est super difficile, car il y a d’énormes barrières à franchir. Mais par exemple, on recrute des chefs en ce moment et on se demande quelles sont les conditions parfaites pour un chef. C’est l’industrie la plus dure, il y a une pénurie, personne ne veut travailler là-dedans, les salaires sont minimes et nous, on est en train de créer le contexte parfait pour un chef. On se pose plein de questions « Qu’est-ce qu’il veut le matin, le midi, le soir ? Est-ce qu’un chef c’est quelqu’un qui doit couper des tomates ou c’est quelqu’un qui crée sa propre recette ? etc. » Et c’est pourquoi je me lève tous les matins. J’aimerais que toutes les organisations soient, non pas horizontales, car toutes les décisions ne peuvent pas se prendre ainsi, mais du moins que chacun ait son mot à dire et qu’il puisse y avoir un équilibre.

As-tu un talent caché ?

Un que je peux avouer (rires) ! J’en parlais avec des gens récemment et en fait, je n’ai pas tant de hard skills. Mon talent caché, je pense, est plus tout ce qui est soft skills, ma façon de me présenter. Par mes différentes expériences passées, j’adore présenter à l’oral. Aussi, je suis quelqu’un de très positif. Est-ce que c’est mon côté entrepreneur et tous les entrepreneurs ont ça… peut-être. Je ne fais pas de backflip haha — voir entrevue de Théo Corboliou — mais c’est ma façon d’être.

 

Un secret sur ton partenaire, Alexandre Hogan ?

HAHAHA j’en ai plein ! Celui qui m’a le plus marqué, c’est qu’Alex a une voiture et moi, j’ai le permis, mais pas de voiture à Montréal, donc la plupart du temps, c’est lui qui conduit. C’est arrivé une fois, peut-être deux, où ce n’est pas lui qui conduisait. Il était donc passager, à l’avant ou à l’arrière, mais passager, et il a horreur de ça. Je ne sais pas pourquoi, mais il a vraiment horreur de ça. Il n’est pas en contrôle, il ne parle plus, il stresse. J’ai fait une fois un 100m où c’est moi qui conduisais et je le sentais hyper stressé, il se tenait, c’était très drôle.

 

Tu montes dans un ascenseur et tu tombes sur LA figure entrepreneuriale pour toi, qui ce serait et que lui dirais-tu ?

Je n’en ai aucune idée ! Il y a tous ces entrepreneurs de ce monde que oui j’aimerais rencontrer, mais est-ce que c’est LA personne que je veux rencontrer… je ne sais pas. Bien évidemment j’aimerais rencontrer Elon Musk. En fait, j’aimerais rencontrer tout le monde! Je n’ai pas envie de ne citer qu’une personne. J’aimerais rencontrer des chefs, j’aimerais rencontrer Alain Ducasse par exemple. J’aimerais rencontrer les personnes qui ont une vision un peu radicale, qui veulent changer les choses, qui n’acceptent pas le statu quo. Il y a beaucoup de gens qui ont des discours qui peuvent choquer, mais argumentés avec des chiffres; au final ça se tient. J’écoute beaucoup Oussama Ammar de The Family. Dans la société européenne, notamment française qui est très traditionnelle, il a une vision plus lointaine, ses propos peuvent choquer et il en joue. J’aimerais m’entourer de gens comme ça qui me stimulent.

 

Où te vois-tu dans 5 ans ?

22 + 5, 27 ans ouah ! Ce qu’on est arrivé à faire en 2 ans, c’est assez fou. Il y a beaucoup d’entreprises qui restent focalisées sur un truc alors que nous, on a tout testé et puis là, je pense qu’on a trouvé quelque chose d’intéressant. Être dans un accélérateur, ça nous aide aussi à consolider les opérations. Maintenant qu’on a un modèle qui marche, je dirais que dans 5 ans Ben & Alex devrait être international, avec une technologie qui a un impact positif pour des millions de personnes. On ne veut pas être une petite entreprise, on vise gros, et on prend des risques à court terme pour avoir du tangible. L’idée est d’avoir une autre ville potentiellement l’année prochaine, puis dans les 5 prochaines années, avoir plus que 10 villes à travers le monde.