Les voyages, c’est bien connu, forment la jeunesse! Et ce n’est certainement pas la poignée d’entrepreneurs issus de l’Accélérateur Banque Nationale|HEC Montréal et de l’incubateur entrePrism qui affirmera le contraire, eux qui ont pu faire le plein de découvertes et d’expériences diverses lors d’une mission économique tenue en Allemagne en juin dernier.

Le premier arrêt de ce périple germanique a eu lieu dans la capitale Berlin, où s’est déroulé, du 15 au 17 juin, le huitième sommet du G20 Young Entrepreneurs’ Alliance (G20 YEA). Cette rencontre annuelle, dont les travaux portaient cette année sur la numérisation et l’émergence de l’industrie 4.0, était entourée au crayon gras dans l’agenda d’Amira Boutouchent, la dynamique cofondatrice de Bridgr, une plateforme qui, comme son nom le laisse entrevoir, cherche à faire le pont entre les entreprises manufacturières et les experts qualifiés afin de trouver des solutions aux défis opérationnels liés à la numérisation des premières. L’Allemagne étant au cœur de cette révolution technologique, l’intérêt d’Amira Boutouchent pour cette reprise du G20 YEA était pour l’occasion décuplé. D’une part, pour évidemment y développer de précieux contacts sur le Vieux Continent, alors que son entreprise fait surtout affaire en Amérique du Nord et au Maghreb. 

« C’est l’une des forces de cet événement, parce que c’est un endroit où il y des entrepreneurs de pays différents, tous intéressés à ces questions liées à la numérisation et à l’industrie 4.0 », précise l’entrepreneure originaire d’Alger. Mais surtout, ce type de rencontres d’envergure internationale est un merveilleux chantier afin de développer l’une des qualités essentielles à l’entrepreneuriat, à savoir le leadership. À cet égard, Amira Boutouchent n’allait pas passer à côté d’une telle occasion! 

La jeune entrepreneure a activement participé aux discussions tenues dans le cadre de ce G20 YEA allemand, en sa qualité de membre de la délégation canadienne. « Avoir l’occasion de représenter le Canada pour travailler sur des recommandations par rapport aux dossiers abordés au G20, c’est une occasion unique », indique Mlle Boutouchent. Elle n’est d’ailleurs pas peu fière du travail accompli à l’issue du sommet, travail qui s’est concrétisé par la formulation de recommandations visant entre autres à une meilleure éducation et à une meilleure préparation par rapport à la déferlante que constituent l’Internet des objets, le traitement des mégadonnées et l’intelligence artificielle, composantes incontournables de l’industrie 4.0

Voilà un état d’esprit qui aura, sans contredit plu, à Manaf Bouchentouf, le directeur de l’Accélérateur Banque Nationale|HEC Montréal et d’entrePrism, 

qui chaperonnait amicalement le groupe de jeunes entrepreneurs accompagnés par les organismes dont il dirige les destinées. Le dirigeant peut en effet se targuer de résultats impressionnants pour les entrepreneurs qu’il suivait dans le cadre des activités de l’accélérateur et de l’incubateur. Déjà, lors de l’édition 2016 du G20 YEA tenue en Chine, c’est un entrepreneur d’ici, Harold Dumur, cofondateur dOVA, qui avait remporté les grands honneurs de la compétition de présentation d’entreprises (lire l’article « Des entrepreneurs québécois au sommet dans l’Empire du Milieu », publié sur le site Internet de la revue Gestion). Et cette année, Jean-Sébastien Carrier, cofondateur de Dyze Design et diplômé de l’Accélérateur, a remporté la finale de la même compétition! Voilà qui témoigne du sérieux et de l’efficacité du travail effectués à l’Accélérateur et à entrePrism!

Le périple germanique de la cohorte d’entrepreneurs québécois, toujours accompagnée par Manaf Bouchentouf, s’est ensuite poursuivi vers Francfort, capitale financière européenne, Würzburg et Munich. Le passage dans la capitale bavaroise fut particulièrement prolifique, l’occasion étant donnée à nos entrepreneurs de visiter le BMW Startup Garage, l’incubateur d’entreprises financé par le constructeur automobile. Nos entrepreneurs ont également pu profiter des contacts antérieurement établis par la Délégation générale du Québec à Munich et rencontrer le ministre d’État du ministère bavarois des Affaires économiques, des Médias, de l’Énergie et de la Technologie afin de discuter des moyens à prendre pour raffermir les liens entre les écosystèmes entrepreneuriaux des deux entités politiques.

En discussion avec M. Bouchentouf, celui-ci nous renseigne quant aux motivations de la délégation québécoise à poursuivre l’escapade allemande hors de Berlin. « Il s’agit bien sûr, pour les entrepreneurs qui nous accompagnent, d’étendre leur réseau et de développer des liens qui pourront éventuellement se traduire en occasions d’affaires dans ce pays qui constitue la plus importante économie d’Europe. En cette ère de repli socio-économique et de montée du protectionnisme, la chose n’est pas à négliger! », précise le directeur de l’Accélérateur Banque Nationale|HEC Montréal et d’entrePrism. Développement des affaires, certes! Mais également apprentissages et découvertes! De fait, ajoute Manaf Bouchentouf, ce type de mission aura permis aux jeunes femmes et hommes d’affaires qu’il accompagnait de constater de visu la présence d’environnements entrepreneuriaux fort différents, et dont les caractéristiques peuvent susciter de bonnes réflexions ou de nouvelles idées à éventuellement transposer au Québec. Un exemple? « L’aide de l’État aux PME est inexistante en Bavière, souligne M. Bouchentouf. Les entrepreneurs sont, en quelque sorte, sans support gouvernemental. Cela induit des réflexes tout autres chez ces derniers! »

Que souhaiter de plus à ces jeunes entrepreneurs remplis d’audace et de rêves, qui ont ainsi partagé leurs expériences avec des centaines de délégués en provenance des cinq continents, tout en prenant le pouls d’une partie de l’écosystème économique et entrepreneurial allemand? Le succès, évidemment, et aussi bien d’autres rencontres du genre! Pour Manaf Bouchentouf, c’est l’évidence même! « Il faut démocratiser ce genre de rencontres, et faire en sorte que nos jeunes gens d’affaires aient la chance de voir ce qui se fait ailleurs sur le globe, et ce le plus souvent possible! », plaide-t-il. Car le marché est, aujourd’hui, mondial, et les occasions d’affaires le sont tout autant!